| Histoire
du Bogolan.
"
Le Bogolan fini"- teinture de terre- se pratique depuis une époque
reculé e par les peuples issus du groupe Mandé. Aucune datation
précise n'a jusqu'alors pu être arrêtée , ceci compte tenu de la
fragilité des matériaux et de leur difficile conservation. La découverte
du Bogolan fut, selon la légende, fortuite. " Une femme revêtue
d'un pagne teint au n'galarna l'aurait malencontreusement tâché
avec de la boue provenant du fleuve. Lorsqu'elle essaya de le nettoyer,
elle s'aperçut que la boue avait teint le tissu, les tâches étaient
indélébiles ... ~ "
Ce
travail artisanal est généralement réservé aux femmes âgées ne pouvant
plus se consacrer aux travaux éprouvants, aux plus jeunes lors de
la saison sèche et aux autres femmes lors de leur temps libre. Elle
exécutent alors des vêtements pour la communauté trousseau de mariage,
pagnes, pantalons, tenues de chasse, de travail ou de parade. A
l'origine chaque tenue, de par ses motifs et ses coloris, était
vouée à un usage particulier. Chaque signe reproduit détenait une
signification symbolique précise. Actuellement, ces motifs tendent
à disparaître au profit de signes purement graphiques.
Filage et tissage
Le
coton. Plante d'origine tropicale, de la famille de malvacés, dont
le fruit en forme de capsule ovdide contient de nombreuses graines
recouvertes de duvet d'où est tirée la fibre textile. Il requiert
un climat chaud, beaucoup d'eau durant la pousse et un climat sec
au moment de la maturation des fruits et de la cueillette.
Le
filage. Une fois ramassé, le coton doit être filé. Ce travail est
réservé aux femmes. A l'aide d'un fuseau, la fileuse, assise par
terre tord et étire le coton entre ses doigts. Par un mouvement
répétitif de la main, elle fait tourner le fuseau tout en lui donnant
une impulsion afin d'enrouler le fil autour d'un bâtonnet en bois.
Le
métier à tisser. Le métier est horizontal et possède deux rangs
de lisses et de pédales . Seuls les hommes sont habiletés à tisser;
Us travaillent en groupe, dehors, sur la voie publique.
Actionnant
avec leurs pieds tour à tour à tour les deux pédales, les tisserands
entrecroisent, dans un mouvement perpétuel, les fils de la chaîne
et de la trame. Au fur et à mesure de sa réalisation, la bande tissée
est enroulée autour d'un bâton situé au niveau de la poitrine de
l'artisan.
Etoffe et teinture
La
bande ininterrompue de cotonnade blanche tissée mesure vingt sept
mètres de longueur pour une largeur d'une douzaine de centimètres.
Pour la confection de vêtements, plusieurs bandes sont coupées et
assemblées entre elles. La couture se fait généralement à la main,
le point est lâche afin de ne pas rigidifier le tissu.
Le
bogolan est une technique d'impression nécessitant plusieurs étapes
de réalisation. La cotonnade blanche tissée est plongée dans une
teinture végétale, le plus fréquemment dans une décoction de n'galaina
(feuille de l'arbre anogeissus leiocarpus) afin de donner une coloration
de base et de permettre par réaction chimique la fixation des autres
couleurs. Le tissu est ensuite exposé au soleil, l'action de ses
rayons renforce la teinte jaune obtenue par ce premier bain de trempage.
Le support est prêt à recevoir le dessin. & La " bogolaniste " applique
alors de la boue qu'elle s'est procurée au préalable dans les marigots
ou dans le Niger et qu'elle à fait fermenter dans une jarre. Parfois
de vieux clous favorisant l'oxydation y sont ajoutés. La femme trace
des motifs à l'argile sans dessin préliminaire, elle traite ainsi
le fond par un travail en négatif, dit en " réserve ". Les dessins
sont produits à main levée grâce à des traceslignes (kalama) plus
ou moins fins, des spatules en métal, des tiges de mil de rônier,
des plumes. & Après un séchage de l'étoffe au soleil, cette dernière
est soigneusement lavée afin d'enlever l'excédent de boue. Le dessin
apparaît à cette étape en noir sur un fond ocre jaune. La réaction
chimique entre la boue et la décoction de n'galaina. rend la teinte
noire indélébile. Sur cette base, l'artisane peut éclaircir certaines
parties par l'action d'un savon corrosif ( savon de Sodani) ou de
l'eau de javel rincée par la suite. Les teintures successives peuvent
être fixées par des détergeants ou des fixatifs végétaux( les feuilles
et les fruits du tamarinier fixent le noir et l'ocre jaune.).
Le pagne traditionnel
Le
pagne est un vêtement traditionnel féminin. Le femme le porte enroulé
autour d'elle, sans système de fermeture. Elle attache le côté droit
sur le côté gauche. Le pagne traditionnel est composé en général
de sept bandes de cotonnades cousues entre elles (le taafé en bambara).
Chaque signe dessiné sur le pagne détient une signification. Juxtaposés
à d'autres signes et selon leur place dans la composition générale,
les motifs, chargés de messages offrent le récit d'événements réels
et mythiques. Les signes deviennent alors écriture pour ceux qui
savent les déchiffrer. L'interprétation donnée aux différents éléments
ornant le textile révèlent la signification du pagne. Les histoires
reproduites sur le pagne en bogolan protègent la femme qui le revêt.
Elle en possède plusieurs, portés selon leurs significations à des
moments particuliers de sa vie d'épouse ou de mère.
Entr'aide
France Mali
-
42/46
rue des Victoires-59650 Villeneuve d'Ascq
-
Téléphone
/ fax : 03-20-05-35-81
|