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BOGOLAN - Présentation du bogolan

Le bogolan est une technique de teinture traditionnelle d'Afrique de l'ouest. " Bogolan " signifi en bambara ( bambara, la langue la plus usité au Mali) "avec" (lan) "la terre" (bogo). En effet la teinture du tissu s'obtient par une réaction chimique lors de l'application de la boue sur le support textile. Toutes les nuances colorées sont ensuite obtenues à partir de matériaux minéraux et végétaux, ceci à partir de décoction de feuilles et d'écorces d'arbres, de potasse traditionnelle et de savon détergeant

Histoire du Bogolan.

" Le Bogolan fini"- teinture de terre- se pratique depuis une époque reculé e par les peuples issus du groupe Mandé. Aucune datation précise n'a jusqu'alors pu être arrêtée , ceci compte tenu de la fragilité des matériaux et de leur difficile conservation. La découverte du Bogolan fut, selon la légende, fortuite. " Une femme revêtue d'un pagne teint au n'galarna l'aurait malencontreusement tâché avec de la boue provenant du fleuve. Lorsqu'elle essaya de le nettoyer, elle s'aperçut que la boue avait teint le tissu, les tâches étaient indélébiles ... ~ "

Ce travail artisanal est généralement réservé aux femmes âgées ne pouvant plus se consacrer aux travaux éprouvants, aux plus jeunes lors de la saison sèche et aux autres femmes lors de leur temps libre. Elle exécutent alors des vêtements pour la communauté trousseau de mariage, pagnes, pantalons, tenues de chasse, de travail ou de parade. A l'origine chaque tenue, de par ses motifs et ses coloris, était vouée à un usage particulier. Chaque signe reproduit détenait une signification symbolique précise. Actuellement, ces motifs tendent à disparaître au profit de signes purement graphiques.

Filage et tissage

Le coton. Plante d'origine tropicale, de la famille de malvacés, dont le fruit en forme de capsule ovdide contient de nombreuses graines recouvertes de duvet d'où est tirée la fibre textile. Il requiert un climat chaud, beaucoup d'eau durant la pousse et un climat sec au moment de la maturation des fruits et de la cueillette.

Le filage. Une fois ramassé, le coton doit être filé. Ce travail est réservé aux femmes. A l'aide d'un fuseau, la fileuse, assise par terre tord et étire le coton entre ses doigts. Par un mouvement répétitif de la main, elle fait tourner le fuseau tout en lui donnant une impulsion afin d'enrouler le fil autour d'un bâtonnet en bois.

Le métier à tisser. Le métier est horizontal et possède deux rangs de lisses et de pédales . Seuls les hommes sont habiletés à tisser; Us travaillent en groupe, dehors, sur la voie publique.

Actionnant avec leurs pieds tour à tour à tour les deux pédales, les tisserands entrecroisent, dans un mouvement perpétuel, les fils de la chaîne et de la trame. Au fur et à mesure de sa réalisation, la bande tissée est enroulée autour d'un bâton situé au niveau de la poitrine de l'artisan.

Etoffe et teinture

La bande ininterrompue de cotonnade blanche tissée mesure vingt sept mètres de longueur pour une largeur d'une douzaine de centimètres. Pour la confection de vêtements, plusieurs bandes sont coupées et assemblées entre elles. La couture se fait généralement à la main, le point est lâche afin de ne pas rigidifier le tissu.

Le bogolan est une technique d'impression nécessitant plusieurs étapes de réalisation. La cotonnade blanche tissée est plongée dans une teinture végétale, le plus fréquemment dans une décoction de n'galaina (feuille de l'arbre anogeissus leiocarpus) afin de donner une coloration de base et de permettre par réaction chimique la fixation des autres couleurs. Le tissu est ensuite exposé au soleil, l'action de ses rayons renforce la teinte jaune obtenue par ce premier bain de trempage. Le support est prêt à recevoir le dessin. & La " bogolaniste " applique alors de la boue qu'elle s'est procurée au préalable dans les marigots ou dans le Niger et qu'elle à fait fermenter dans une jarre. Parfois de vieux clous favorisant l'oxydation y sont ajoutés. La femme trace des motifs à l'argile sans dessin préliminaire, elle traite ainsi le fond par un travail en négatif, dit en " réserve ". Les dessins sont produits à main levée grâce à des traceslignes (kalama) plus ou moins fins, des spatules en métal, des tiges de mil de rônier, des plumes. & Après un séchage de l'étoffe au soleil, cette dernière est soigneusement lavée afin d'enlever l'excédent de boue. Le dessin apparaît à cette étape en noir sur un fond ocre jaune. La réaction chimique entre la boue et la décoction de n'galaina. rend la teinte noire indélébile. Sur cette base, l'artisane peut éclaircir certaines parties par l'action d'un savon corrosif ( savon de Sodani) ou de l'eau de javel rincée par la suite. Les teintures successives peuvent être fixées par des détergeants ou des fixatifs végétaux( les feuilles et les fruits du tamarinier fixent le noir et l'ocre jaune.).

Le pagne traditionnel

Le pagne est un vêtement traditionnel féminin. Le femme le porte enroulé autour d'elle, sans système de fermeture. Elle attache le côté droit sur le côté gauche. Le pagne traditionnel est composé en général de sept bandes de cotonnades cousues entre elles (le taafé en bambara). Chaque signe dessiné sur le pagne détient une signification. Juxtaposés à d'autres signes et selon leur place dans la composition générale, les motifs, chargés de messages offrent le récit d'événements réels et mythiques. Les signes deviennent alors écriture pour ceux qui savent les déchiffrer. L'interprétation donnée aux différents éléments ornant le textile révèlent la signification du pagne. Les histoires reproduites sur le pagne en bogolan protègent la femme qui le revêt. Elle en possède plusieurs, portés selon leurs significations à des moments particuliers de sa vie d'épouse ou de mère.

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